25 novembre : stop à la violence à l’encontre des femmes
25 novembre | A LA UNE, SOCIETE
Le 25 novembre 1960, furent assassinées, en République Dominicaine, les sœurs Mirabal pour leur militantisme féministe. Depuis 1999, cette date est la « Journée internationale contre les Violences faites aux Femmes ».
Aux Etats-Unis, une femme est battue par son partenaire toutes les 15 secondes; en Afrique du Sud, une femme est violée toutes les 23 secondes; au Bangladesh, près de la moitié des femmes ont subi des abus physiques de la part de leur conjoint ; en France, au moins 2.000.000 de femmes sont victimes de violence conjugale, 400 meurent sous les coups de leur conjoint chaque année, soit plus d’une femme par jour …etc
En Tunisie, selon un des rares rapports « Discriminations et violences contre les femmes en Tunisie » (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme / Ligue Tunisienne des droits de l’Homme / Association Tunisienne des Femmes Démocrates / 2002), les femmes n’échappent pas à ce fléau. Si les chiffres sont difficiles à obtenir, ce rapport montre toutefois la dure réalité vécue par des tunisiennes.
Extrait :
« Scène de la vie quotidienne : à l’heure de la visite matinale devant une maternité de la capitale, une jeune femme, appelant à la rescousse les nombreuses femmes regroupées là alors qu’elle se faisait molester par un jeune homme, s’entendait répondre : “ C’est ton frère, il est en train de t’éduquer, il a le droit de te battre ”.
Les femmes tunisiennes, mineures et adultes, sont quotidiennement victimes de violences multiples à des degrés divers. Les agressions à leur encontre sont verbales, morales, relèvent de la menace, sont physiques, d’ordre sexuel. Elles se perpétuent contre elles à domicile, dans la rue, sur le lieu de travail. Elles entraînent, quelque fois irrémédiablement, des traumatismes physiques, sexuels, psychologiques.
La violence à l’encontre des femmes profite certainement de ce présupposé selon lequel l’être femme est un corps sans raison et, comme tel, il est légitime de le traiter comme un objet. Cette perception est d’autant moins ébranlée qu’elle ne trouve guère de démenti dans la condition sociale, économique, politique, juridique des femmes partout subordonnée à celle des hommes. »
La violence à l’encontre des femmes n’a pas de barrière culturelle ou sociale. Elle est présente partout. Aujourd’hui, en Tunisie, c’est essentiellement dans le domaine associatif que les femmes victimes de violence trouvent un soutien moral, juridique, voire même financier. Pour lutter encore plus efficacement contre les violences, ces actions doivent être appuyées par une plus grande volonté politique, un cadre juridique moins discriminatoire et surtout une reconnaissance publique et sans tabou de ce fléau.




[...] Rappelons que ce jour est la « Journée internationale contre les Violences faites aux Femmes » (voir article) [...]